1 c52 Orange, noir et eau

[D. Chessel - 2014-11-24 - http://aquaroue.fr/html/c52.html]

Il est donc tentant d'explorer le volume teinte-saturation-luminosité à teint constante ? Comment s'y prendre. Pour faire varier la luminosité il suffit de rajouter de l'eau, pour faire varier la saturation il suffit de rajouter une complémentaire, mais cela se fait-il à teinte constante. Rajouter de l'eau augmente la luminosité à saturation constante ? La complémentaire diminue la saturation à luminosité constante ? Peut-on désaturer verse les clairs ou vers les sombres ? Le premier essai porte sur un orange.
Le tube est appelé Winsor Orange, codé WN724 et contient le pigment PO62 (_Benzimidazolone orange_).
Commençons par faire varier la dilution :

part5_52_orange_eaujpg

Dilution de l'orange Winsor. A - 20 niveaux observés. B - La courbe teinte-saturation montre la dérive de la teinte. C - La luminosité mesurée augmente très régulièrement avec la dilution.

Très concentré le pigment donne un orange rouge qui, à la dilution devient jaune orange. C'est encore vraiment net quand on veut désaturer avec le Bleu Outremer (BO) :

part5_52_ligPO62_BOjpg

Lignes de mélange PO62+BO à trois niveaux de dilution. BO est une complémentaire de mélange très fiable de cet orange. La dilution déplace de 10° la teinte mais les lignes sont sans défaut.

La dérive sur la teinte est donc une aberration de faible ampleur. On fera comme si tout se passait à teinte constante. A noter la remarque essentielle : les couleurs notées par une lettre ont une luminosité autour de 50%. Les carrés marqués d'une croix ont une luminosité qui tourne autour de 70%. Les nuances notées par un cercle ont une luminosité voisine de 80%. La désaturation de l'orange par le bleu se fait à luminosité constante pilotée par la dilution. On va donc se mettre dans le plan "à teinte constante" :

part5_52_ateinteconstantejpg

A noter encore que les exemples dont nous disposons (orange+eau, orange+BO+eau) ne descendent pas en dessous de la luminosité 50° ou peu s'en faut :

part5_52_orange_SLjpg

Des trois paramètres teinte-saturation-luminosité c'est celui dont on parle habituellement le plus qui a le moins de variation. Les variations sont représentées dans le plan saturation-luminosité dont l'échelle est la plus simple (0-100% dans les deux dimensions).

Peut-on encore assombrir un orange, même en le désaturant fortement (ce n'est de toute manière pas possible autrement) ? Essayons avec du noir :

part5_52_orange_noirjpg

Désaturation de PO62 par un pigment noir (PBk6). Dans le plan teinte-saturation, les courbes assurent que toutes les nuances de la figure sont jaune orangé, absolument toutes ! La saturation prend toutes les valeurs. Seule nouveauté : la zone de luminosité inférieure à 0.5 et de saturation inférieure à 0.3. La mesure indique que c'est réalisable même si l'oeil ne sait pas qu'il s'agit d'un gris jaune très sombre.

La boîte à couleurs propose des noms, ceux des références les plus proches dans un sens calculatoire :

part5_52_nomsjpg

Ce qui se passe sur un rayon de la roue des couleurs : orange + noir + eau.

Les conseils et les assertions définitives ne manquent pas contre le noir en aquarelle :


On trouve pourtant des indications inverses pour le noir de fumée (PBk6) :
Ce noir trouve sa place uniquement dans les nuanciers de couleurs pour aquarelle, mais jamais en couleur a l'huile, car il n’est pas totalement fixe dans les liants huileux. D’autres noirs le remplacent avantageusement. Par contre, il se prête très bien à l'aquarelle, où la finesse de ses particules le rend supérieur aux autres noirs. Vous aurez, avec le bleu d'outremer, un beau gris de Payne légèrement granuleux. Avec le bleu de Prusse ou le bleu phtalo, le gris formé pénètre plus uniformément dans les fibres du papier, mais sa teinte est plus froide.

Ce qui est vrai pour le bleu semble l'être pour l'orange. D'autres essais sont souhaitables.

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