Nuancier / Jaunes

[D. Chessel - 2014-11-24 - http://aquaroue.fr/html/c36.html]

Entre 20° et 65°, la dernière partie du cercle compte les oranges et les jaunes. La frontière côté rouge est totalement artificielle, la frontière côté vert l'est moins. On y trouve de nombreux pigments, dont ceux présents dans la palette :

part3_jaunes_jaunes1jpg

Quelques jaunes directement issus des godets. Redondance et perplexité.

numéropigmentnomcodenuméropigmentnomcode
1PY42gold ochre
ochre doré
WN285aPY40aureolin
auréoline
DR601
2PBr7raw umber
sienne naturelle
WN554bPY53nickel titanate yellow
jaune nickel titane
WN347
3PY153new gambodge
jaune indien
WN267cPY54nickel titanate yellow
jaune nickel titane
DR637
4PY154winsor yellow
jaune
WN730dPY35cadmium yellow pale
jaune de cadmium clair
DR611
5PY129green gold
or vert
WN294ePY3lemon yellow
jaune citron
DR651
6PBr24+PW6Naples yellow
jaune de Naples
WN554fPY3lemon yellow
jaune citron
Sennelier501
7PY42yellow ochre
ochre jaune
DR663gPO62+PY65cadmium orange hue
orange de cadmium (imit)
DR619
8PY153indian yellow (hue)
jaune indien
DR643hPO62Winsor orange
orange
WN724
9PY138permanent yellow
jaune permanent
DR664kPbr7Vandyke brown Hue
brun van dick (imit)
DR264

Pour définir une tactique dans cette partie du cercle, on précise les lignes qui la traverse. La ligne OO-7 est refaite pour préciser sa partie jaune. On retrouve l'interaction angle - saturation. La désaturation rapide de l'ochre précède l'énumération des verts faiblement saturés. Ces mélanges sont inutilisables dans la partie jaune. On essaye alors la ligne OO-36 avec une nouvelle version plus précise. L'effet est le même. On pouvait se demander si l'usage d'un véritable orange-jaune limiterait l'effet :

part3_jaunes_jaunes2jpg

La ligne de mélange orange (PO62) vert (PG36) est fortement marquée par l'évolution simultanée de la teinte et de la saturation dans la partie jaune, de la teinte seule dans la partie verte.

Le même inconvénient apparait dans l'autre direction. Le mélange J-SB est difficile d'utilisation car elle oblige à modifier la saturation en modifiant la teinte :: 

lignes_ligjsbjpg

Mélanges jaune/sienne brûlée (J-SB).

Si l'absence de pigments verts jaunes ou verts moyens prive de lignes à saturation constante du côté froid, c'est le contraire du côté chaud. GG en ce sens joue un rôle central :

part3_jaunes_jaunes3jpg

Partie commune sur les lignes GG-M et GG-MP à saturation stable.

L'abondance de pigments crée une forte redondance. On peut examiner dans la même catégorie les mélanges GG-OR : 

lignes_ligggorjpg

Mélanges GG-OR dans la zone jaune.

On peut même ajouter la ligne GG-RP et considérer que GG s'allie de façon très voisine avec les quatre (OR, SB, MP, RP). On peut préférer la dernière arrivée (Rouge Pyrrole) : 

lignes_lignerpggjpg

Ligne GG-RP (Rouge Pyrrole) : la saturation est constante dans la zone jaune.

Dans la partie la plus saturée, la multiplicité des solutions domine. Avec deux jaunes et trois rouges on obtient peu de différences significatives. Si on veut simplifier et optimiser la saturation on peut garder J+OR (autre essai indépendant). Il faudra alors vérifier que la présence du jaune indien (NG) est indispensable. 

part3_jaunes_jaunes4jpg

Toutes les nuances sont reproductibles, au delà de ce que lœil en identifie. Pour naviguer entre J et GG, on peut par exemple désaturer J par GG et suivre la ligne de saturation constante avec RP :

part3_jaunes_jaunes5jpg

Jaunes et oranges de saturation identique dans un mélange (J+GG) et RP. On peut alors conserver, pour simplifier, J+OR, (J+GG)+RP et GG+M. La séparation des deux paramètres (teinte-saturation) est ici un cas d'école.

Pour le plaisir, une illustration en partant d'un mélange de J (trop) désaturé par GG avec M :

part3_jaunes_jaunes6jpg

jaunes, oranges, rouges à saturation constante. Comme dans la figure précédente, chaque carré de forte concentration est représenté par un croix. Avec de la patience on progresse de quelques degrés à chaque apport, les aléas de la dilution créant la marge d'erreur.

Aux niveaux inférieurs de saturation, avec un jaune, on ne peut plus conserver cette propriété : 

part3_jaunes_jaunes7jpg

Mélanges VD-GG et GG-36 : On ne peut plus raisonner à saturation constante.

Dans la zone jaune, la ligne SB-36 a le même défaut : 

lignes_lig36sbjpg

Forte déformation de la ligne de mélange SB-36 déjà observée. La ligne VD-36 traverse la zone jaune à faible saturation.

Il reste à trouver des mélanges qui donnent des jaunes de saturation faible (entre 20 et 40). La difficulté est liée à une déformation systématique des lignes orange-vert dont OR-36 donne l'illustration la plus frappante : 

lignes_lig36orjpg

OR désature totalement 36 mais de manière anarchique et ce mélange est inutilisable.

La solution consiste à utiliser la propriété des lignes de mélange rouge-jaune à saturation constante. On vérifie que BO désature un jaune plus correctement que ne le fait le violet. Ceci permet d'obtenir d'abord la saturation voulue avec une pointe de BO puis la teinte voulue avec un rouge, par exemple VM qui a une saturation voisine du départ :

part3_jaunes_jaunes8jpg

Ligne à saturation constante entre un GG+BO et VM.

On peut ainsi avec une seule démarche se repérer dans la zone des jaunes.

'
'