Lignes / Jaune-Bleu

[D. Chessel - 2014-11-24 - http://aquaroue.fr/html/c21.html]

La roue peut servir à préciser ce qui se passe entre deux pigments. Dire qu'avec du bleu et du jaune, on fait du vert, c'est plutôt basique. Suivre la ligne de mélange dans la roue donne à réfléchir. Entre B (bleu phtalo) et J (jaune), on observe :
 

lignes_lignejbjpg

Ligne de mélange J-B à la pipette.

L'expérience est utile. Une dizaine de couleurs sont disponibles dans l'association des deux primaires (ou plutôt utilisées comme telles). Mais le coût de désaturation est manifeste : il est même renforcé au milieu de la courbe. La même observation est visible sur la ligne entre NG (Jaune indien) et B (bleu phtalo). La même déformation sur les deux courbes ne peut provenir du hasard.
 

lignes_lignengbjpg

Ligne de mélange NG - B.

Deux conséquences importantes :

Les lignes de mélanges ont une réalité affirmée. La ligne de mélange B - SN est remarquablement droite :
 

lignes_lignebsnjpg

En partant de B, la ligne de mélange avec SN.

On ajoute deux lignes de mélange faites en partant du bleu phtalo (B). La première va vers OO :
 

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Ligne de mélange B+OO est remarquablement rectiligne : on y trouve les gris verts (vert jaune, moyen ou bleu).

La seconde va vers SB :
 

lignes_lignebsbjpg

La version transparente du PR101 (Sienne Brûlée SB) est une complémentaire de mélange de B. On peut dire que B-SB est l'alter ego du couple célèbre BP-RL (Bleu de Prusse - Rouge léger, version opaque du PR101).

On ajoute encore trois lignes de mélange faites en partant du bleu outremer (B0). La première va vers SN :
 

lignes_lignebosnjpg

Ligne de mélange BO+SN montre que SN est encore une complémentaire de mélange de BO et que SN est un pigment jaune remarquable.

La seconde, aussi étonnante, va vers NG :
 

lignes_lignebongjpg

Déformation pittoresque sur la ligne BO-NG. Le bleu outremer, dans la zone verte, n'est utile que dans le recherche des gris.

La troisième est un autre essai rapide fait sans précautions vers SN :

lignes_lignebosnplusjpg

Ligne BO-SN (partie cyan). L'usage de SN est facilité par sa force teintante modérée qui ne demande pas des apports microscopiques pour modifier une teinte localement.

Observons encore la ligne GG (gold green, vert doré) vers le bleu (B) : 

lignes_ligggbjpg

Désaturation renforcée sur la ligne GG-B.

On peut résumer :

lignes_lignesbjaunesjpg

Les lignes bleu-jaune qui couvrent la partie verte sont relativement droites, éventuellement désaturée au milieu.

On comprend pourquoi les verts jaune+bleu sont difficiles. En ajoutant (doucement !) du bleu dans du jaune on fait trois choses à la fois :

Les trois paramètres bougent ensemble. On comprend aussi les redondances : B (bleu phtalo) avec NG (jaune indien) ou avec GG (jaune doré), c'est la même courbe, donc les mêmes teintes. On peut préférer l'un ou l'autre, pour l'activité des pigments dans l'eau, mais ce n'est plus une question de couleur. On comprend enfin qu'il est peu judicieux d'utiliser un bleu désaturé ou un bleu rouge : on augmente encore la désaturation des verts. Ce n'est pas la peine d'en rajouter. On ajoutera cependant l'observation de la ligne GG-BO, dont l'utilité est apparue dans la recherche des jaunes désaturés. L'observation ne manque pas d'intérêt : 

lignes_ligggbojpg

La même déformation affecte les lignes BO_NG et BO-GG. Le bleu outremer sert ici à désaturer les jaunes.

Ce qui appelle la comparaison avec le mélange V-GG qui a la déformation opposée. Le bleu outremer (BO) sera préféré au violet (V) pour désaturer un jaune en partant de l'or vert (GG) : 

lignes_ligvggjpg

La lignes V-GG est à comparer avec BO-GG (ci-dessus). On approche ici la complexité des relations dans les mélanges de couleurs.

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